Affaire Lyhanna - Des moyens supplémentaires pour une justice efficace

Le terrible drame vécu par Lyhanna interroge légitimement chacune et chacun d'entre nous et il est impératif d'en déterminer les responsabilités.

Nier que la justice est à l'abandon et qu'elle n'a plus les moyens nécessaires, c'est nier l'évidence. Le SJA partage le constat de l’USM: "l’exigence de moyens supplémentaires n’est pas une revendication corporatiste mais la condition objective d’un droit garanti par la Constitution, celui d’un procès juste et équitable et dès lors d’une justice efficace".

Cette affirmation est également exacte pour la justice administrative. Sur les douze derniers mois, les tribunaux administratifs ont enregistré 360 000 requêtes. Au 31 décembre 2023, c’était 260 000. En réponse, les pouvoirs publics ont choisi de geler les effectifs.

Il est inquiétant de voir les responsables politiques se précipiter pour refuser toute responsabilité et chercher à s’en défausser sur celles et ceux qui contribuent au service public de la justice, en particulier les magistrates et magistrats.
Inquiétant de lire qu’il ne faudrait "entendre aucun argument de moyens dans cette affaire".
Inquiétant de lire des informations erronées sur le nombre de sanctions prises par le Conseil supérieur de la magistrature.
Inquiétant de voir remise en cause la liberté syndicale des magistrates et magistrats ou d’entendre la dénonciation d’un supposé corporatisme qui les rendrait intouchables.

L'insuffisance des moyens alloués à la justice est une réalité et elle empêche celle-ci de remplir efficacement la mission qui est la sienne : protéger l’État de droit et les citoyennes et citoyens. Les magistrates et magistrats et leurs syndicats, plutôt que de servir de boucs émissaires, doivent continuer de rappeler cette réalité.