Le CSTACAA qui a siégé le 12 décembre 2017 a examiné les points suivants :

Approbation du procès-verbal de la séance du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et cours administratives d'appel en date du 7 novembre 2017

Le procès-verbal du CSTACAA du 7 novembre 2017 est approuvé.

Examen pour avis d’un projet de dispositions législatives relatives au transfert du contentieux des pensions militaires d'invalidité aux juridictions administratives de droit commun

Le contentieux des pensions militaire d’invalidité (PMI) relève à ce jour de la compétence des tribunaux des pensions en première instance et des cours régionales des pensions en appel. Il s’agit de juridictions administratives spécialisées mais hébergées au sein des juridictions de l’ordre judiciaire, présidées par des magistrats judiciaires, souvent honoraires, et caractérisées, pour les tribunaux des pensions, par l’échevinage, puisqu’y siègent des médecins et des représentants des pensionnés. Le contentieux de la cassation des décisions de ces juridictions relève du Conseil d’Etat.

Le projet de texte dont le CSTACAA est saisi a pour objet de transférer le contentieux des pensions militaires d’invalidité aux tribunaux administratifs en première instance et aux cours administratives d’appel en appel, en ce qui concerne tant le flux que le stock, et de créer un dispositif de recours administratif préalable obligatoire avant toute saisine du juge, dont les modalités seront fixées par décret en Conseil d’Etat.

L’objectif de ce projet de texte est de remédier aux difficultés et aux dysfonctionnements rencontrés par les juridictions administratives spécialisées compétentes pour le contentieux des pensions militaires d’invalidité, notamment la longueur du délai de traitement des recours formés devant ces juridictions (de l’ordre de 22 mois actuellement), qui a entraîné des condamnations de la France par la Cour européenne des droits de l’homme, les difficultés d’appréhension des règles de la procédure administrative par des magistrats judiciaires et des échevins, qui entraînent une insécurité juridique et des disparités entre juridictions, l’accès difficile aux décisions rendues, en l’absence de bases de données ouvertes permettant une harmonisation et une lisibilité de la jurisprudence, ainsi que la difficulté à trouver des échevins siégeant dans les tribunaux des pensions et de favoriser une bonne administration de la justice s’agissant de décisions administratives soumises à la procédure administrative contentieuse, en assurant le double degré de juridiction et un maillage territorial de proximité.

L’entrée en vigueur de ce texte est prévue pour le 1er janvier 2020.

Vos représentants SJA, s’ils ne se sont pas opposés au principe du transfert du contentieux des PMI vers les juridictions de droit commun, ont souhaité attirer l’attention du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel sur les effets des réformes prévoyant des transferts et extensions de la compétence de ces tribunaux et cours. De telles réformes se multipliant, il convient de prêter une attention particulière non seulement aux effets de chacune d’entre elle sur la charge de travail des juridictions, mais également à leurs effets cumulés.

Ils ont déploré, à cet égard, l’absence de création d’emplois de magistrats pour les tribunaux et les cours par le projet de loi portant loi de finances pour 2018, alors que les compétences de ces juridictions ne cessent de s’étendre et que l’enquête sur le climat social menée à la demande du gestionnaire et dont les résultats nous ont été communiqués au cours du Conseil supérieur du mois d’octobre montre que la charge de travail des magistrats a d’ores et déjà dépassé les limites du supportable. Dans ces circonstances, il est illusoire d’espérer atteindre les objectifs assignés aux juridictions administratives dans le projet de loi portant loi de finances pour 2018, en particulier la réduction des délais de jugement et du stock de plus de deux ans, à effectifs constants.

Le projet de texte dont est saisi le CSTACAA s’inscrit dans ce contexte, puisqu’il prévoit le transfert de 500 à 1 000 dossiers par an vers les tribunaux et les cours, qui, pourtant, ne peuvent plus absorber la moindre charge de travail supplémentaire sans allocation des effectifs nécessaires. Ainsi que l’a souligné M. Patrick Kanner, membre de la commission des lois du Sénat et rapporteur du budget des juridictions administratives pour 2018, dans son rapport : « Aucune nouvelle compétence, ni aucune extension de compétence existante ne doit désormais être décidée sans une évaluation sérieuse de son impact sur l'activité de ces juridictions et sans l'allocation de moyens suffisants, sous peine de mettre le fonctionnement de ces juridictions en péril et de porter atteinte à la qualité de la justice rendue à nos concitoyens. »

Vos représentants SJA ont donc regretté l’absence, dans l’étude d’impact du texte dont est saisi le CSTACAA, de chiffrage des effectifs nécessaires pour absorber le surcroît de travail engendré par le transfert du contentieux des pensions militaires d’invalidité vers les juridictions de droit commun. Cette étude d’impact se borne en effet à évoquer un impact « limité » sur ces juridictions, alors même que le nombre de dossiers supplémentaires dont auront à connaître les tribunaux et les cours ne saurait être regardé comme négligeable, même en tenant compte du filtre du recours administratif préalable obligatoire.

Ils ont également regretté que la très grande majorité des études d’impact annexées aux textes prévoyant une extension des compétences des juridictions administratives ne procèdent aucunement à une évaluation sérieuse des moyens nécessaires à l’absorption du surcroît de travail ainsi créé pour ces juridictions mais se bornent à évoquer, dans la très grande majorité des cas, un « impact limité » sur les tribunaux et les cours, alors même que la situation de ceux-ci est déjà très fragile.

Vos représentants SJA ont également déploré l’absence d’allocation des moyens nécessaires au traitement des contentieux  résultant d’extensions des compétences des tribunaux et des cours, aussi bien s’agissant du projet de texte qui est soumis à l’examen du CSTACAAA que de ses effets cumulés avec les compétences nouvelles attribuées aux tribunaux et cours par d’autres textes récents, notamment la loi relative à la sécurité intérieure et à la lutte contre le terrorisme ou le projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance.

Les représentants de l’USMA ont présenté des positions communes avec celles des représentants du SJA. Ils ne se sont pas opposés sur le fonds au transfert du contentieux des PMI aux juridictions administratives de droit commun pour des considérations de bonne administration de la justice mais ont également vivement dénoncé l’absence d’allocation des moyens nécessaires à l’exercice de cette mission.

La secrétaire générale du Conseil d’Etat a indiqué qu’elle partageait les avis exprimés sur la trop grande fréquence des transferts et extensions de compétence vers les juridictions administratives alors même que les moyens nécessaires à l’exercice de ces nouvelles compétences ne sont pas alloués à ces juridictions, mais a souligné qu’elle était favorable à ce transfert, qui concerne un contentieux administratif par nature, dont le traitement actuel connaît de graves dysfonctionnements de nature à obérer la qualité de la justice rendue, sous réserve que les moyens adéquats et adaptés soient attribués aux tribunaux et aux cours. Elle a également indiqué que la charge de travail supplémentaire engendrée par ce transfert pour les juridictions administratives de droit commun serait limitée et que des emplois supplémentaires seraient demandés à ce titre lors de la prochaine conférence budgétaire.

La Présidente de la MIJA a interrogé le commissaire du gouvernement invité au CSTA pour présenter ce projet sur le nombre de dossiers « en stock » qui seraient transférés aux juridictions de première instance et d’appel, question à laquelle il a été incapable d’apporter une réponse précise.

Le vice-président du Conseil d’Etat s’est associé aux remarques de la secrétaire générale du Conseil d’Etat et a souligné que ce transfert s’inscrivait dans une logique de bonne administration de la justice eu égard à l’état de déréliction des juridictions administratives spécialisées chargées de ce contentieux et aux dysfonctionnements qu’elles rencontrent, ainsi que dans un mouvement de fond engagé depuis une vingtaine d’années, tendant à l’intégration des contentieux relevant de juridictions administratives spécialisées dans la compétence des juridictions administratives de droit commun. Il a indiqué que ce projet de transfert rejoignait les préoccupations des organisations syndicales relatives au projet de constitutionnalisation de la juridiction administrative qu’elles défendent, en unifiant le contentieux administratif et en faisant appel à la responsabilité des juridictions de droit commun pour assurer la qualité de la justice rendue dans le cadre du contentieux des PMI.

Il a également appelé à la compensation de cette charge nouvelle par l’allocation de moyens budgétaires nécessaires et proportionnés aux TA et aux CAA et a souligné que ce texte s’ajoutait à de nombreux transferts et extensions de compétences des juridictions administratives de droit commun qui, s’ils ont, individuellement, un impact limité sur ces juridictions, présentent des effets cumulés dont il convient de tenir compte en allouant aux juridictions les moyens nécessaires à l’exercice de ces nouvelles missions : les petits ruisseaux font les grandes rivières.

La secrétaire générale des TA et CAA a demandé que soient exclus du transfert les dossiers ayant été enrôlés devant les tribunaux des pensions et les cours régionales des pensions.

Les représentants des deux organisations syndicales ont voté contre ce projet de texte en raison de l’absence d’allocation aux TA et CAA des moyens nécessaires à l’exercice de cette nouvelle mission.

Le CSTACAA a émis un avis favorable à ce projet de dispositions législatives, sous réserve de l’allocation aux juridictions administratives de droit commun des moyens nécessaires et proportionnés à ce transfert et de l’exclusion du transfert des dossiers ayant passé le stade de l’enrôlement devant les juridictions administratives spécialisées.

Examen pour avis d’un projet de décret relatif à la Société de livraison des ouvrages olympiques

Le CSTACAA a examiné l’article 10 du projet de décret relatif à la Société de livraison des ouvrages olympiques (SOLIDEO). Cet établissement public national à caractère industriel et commercial, dont la création est prévue par la loi n° 2017-257 relative au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain, aura pour mission de veiller à la livraison des ouvrages et à la réalisation des opérations d’aménagement nécessaires à l’organisation des jeux olympiques, confiée à la ville de Paris et au comité national olympique et sportif français par un contrat de ville-hôte signé le 17 septembre 2017. Dans ce cadre, un Comité d’organisation des jeux olympiques (COJO) doit être créé et sera chargé de l’organisation matérielle des jeux.

Le projet de décret définit les modalités d’organisation et de fonctionnement de l’établissement, placé sous la tutelle conjointe des ministres chargés des sports, de l’urbanisme et du budget.

La saisine du CSTACAA concerne l’article 10 de ce projet de décret, qui dote l’établissement d’un comité d’éthique, qui comprendra 5 membres, dont un membre du Conseil d’Etat ou un magistrat administratif ayant le grade de président, désigné par le vice-président du Conseil d’Etat, et sera présidé par un membre désigné par le Premier ministre.

Ce comité sera chargé de superviser la politique de l’établissement et de ses filiales et de veiller au respect des principes individuels et collectifs sur lesquels l’établissement fonde son action, afin de prévenir d’éventuels conflits d’intérêts et de garantir la transparence des décisions de l’établissement. Il pourra être saisi par tout collaborateur, administrateur ou partie prenante et pourra donner un avis sur toute question relative à l’application des règles de déontologie.

Le CSTACAA a estimé que l’expérience et la compétence d’un membre de la juridiction administrative sera très utile à l’exercice des missions de ce comité d’éthique et a salué la possibilité ouverte non seulement aux membres du Conseil d’Etat, mais également aux magistrats administratifs d’y siéger.

Il a toutefois souligné qu’il était nécessaire d’unifier les dispositions afin d’assurer la possibilité pour les membres du Conseil d’Etat et les magistrats administratifs tant en activité qu’honoraires d’y siéger. Il a été rappelé, à cet égard, que le code de justice administrative prévoit le recours à un membre du Conseil d’Etat ou un magistrat administratif honoraire lorsque des dispositions prévoient leur participation à des organismes de ce type.

Il a enfin relevé que ce projet de texte ne comportait aucune disposition sur les modalités permettant aux membres du comité d’éthique d’exercer leurs missions en toute indépendance, en particulier la durée du mandat, les conditions dans lesquelles il peut y être mis fin et les conditions de rémunération ou d’indemnisation de ses membres.

Sous ces réserves, le CSTACAA a émis un avis favorable à l’article 10 de ce projet de décret.

Examen pour avis d’un projet de modification de la charte de déontologie de la juridiction administrative (suites des propositions du rapport du président Vigouroux sur les réseaux sociaux)

Lors de l’examen de la nouvelle charte de déontologie de la juridiction administrative, il a été prévu de constituer un groupe de travail, présidé par le président Christian Vigouroux, afin de mener les réflexions relatives à la déontologie et à l’usage des réseaux sociaux numériques par les membres de la juridiction administratives. Ce groupe de travail a rendu son rapport au mois d’octobre et une consultation a été organisée auprès des membres du Conseil d’Etat et des magistrats administratifs du 24 octobre au 10 novembre. Une vingtaine de contributions ont été remises.

Le projet de modification de la charte a été examiné par le CSTACAA dans sa version modifiée à la suite des observations des organisations professionnelles de magistrats et de son examen par la commission supérieure du Conseil d’Etat.

Il prévoit la suppression de l’actuel point 47 de la charte, remplacé par des dispositions mettant en garde les membres de la juridiction administrative appelés à donner des cours ou participer à des conférences ou auditions sur la pratique de plus en plus fréquente de la diffusion sur Internet ou les réseaux sociaux numériques des propos qu’ils tiennent.

Il prévoit également l’insertion dans la charte d’un chapitre VII dédié à l’usage des réseaux sociaux numériques, composé, comme les autres chapitres de la charte, d’un rappel des principes et de l’énonciation de bonnes pratiques. Ce choix d’un chapitre spécifique a été dicté, comme l’indique le rapport du groupe de travail, par la spécificité même des réseaux sociaux numériques.

Ce projet énonce les principes suivants :

-         Les réseaux sociaux numériques doivent être regardés comme relevant, par principe, de l’espace public ; les informations qui y sont diffusées ne sont susceptibles de constituer des correspondances privées qu’en cas de restriction de l’accessibilité du compte et du nombre de contacts ;

-         Les obligations de réserve, de secret professionnel, de respect du secret de l’instruction et du délibéré et de discrétion professionnelle s’appliquent pleinement, quels que soient le réseau social, les paramétrages du compte ou le nombre de contacts.

S’agissant des bonnes pratiques, le projet de modification de la charte recommande de :

-         ne pas mentionner sa qualité de membre du Conseil d’Etat ou de magistrat administratif sur les réseaux sociaux ne présentant pas un caractère professionnel ;

-         rester vigilant sur les contenus publiés et les échanges directs ou indirects entretenus sur un réseau professionnel, en s’abstenant de prendre part à toute polémique qui pourrait rejaillir sur l’institution, le membre ou le magistrat ;

-         ne pas tenir de propos qu’on ne pourrait assumer publiquement sous son identité, même en cas d’utilisation d’un pseudonyme, qui peut être facilement réidentifié ;

-         ne pas utiliser les réseaux sociaux pour commenter l’activité politique et sociale ;

-         faire preuve non seulement de modération mais également d’une vigilance particulière dans les propos portant sur l’actualité juridique et administrative, compte tenu de la nature du support ;

-         n’émettre que des commentaires mesurés sur la jurisprudence administrative, compte tenu de la nature du support ;

-         faire preuve de prudence dans la pratique de curation et accompagner les partages de contenu d’une prise de position suffisamment univoque ;

-         appliquer à la curation l’ensemble des bonnes pratiques émises pour les réseaux sociaux en général.

Le vice-président du Conseil d’Etat arrêtera la charte après avis du collège de déontologie.

Vos représentants SJA ont rappelé que si, à l’origine, le SJA était favorable à la précision des règles de la charte de déontologie s’agissant du domaine particulier des réseaux sociaux numériques qui, ainsi que le précise le projet soumis au CSTACAA, présente des spécificités et des potentialités nouvelles, et ce, ainsi que le concevait le SJA, dans le but d’accompagner les magistrats dans leur utilisation des réseaux sociaux numériques, le contenu des recommandations énoncées sous l’intitulé « bonnes pratiques » lui semble beaucoup trop attentatoire à la liberté d’expression des magistrats pour que les représentants du SJA puissent, en l’état, soutenir le projet de modification de charte qui est proposé.

Ils ont par ailleurs émis des observations sur le contenu de la charte.

Ils ont tout d’abord demandé que soient précisées les hypothèses dans lesquelles les informations diffusées sur les réseaux sociaux sont susceptibles de constituer des correspondances privées, à savoir, en l’état, le nombre restreint de contacts et le caractère réduit de l’accessibilité du compte.

Ils ont ensuite indiqué qu’ils souscrivaient à la recommandation consistant à ne pas mentionner sa qualité de magistrat ou de membre du Conseil d’Etat sur les réseaux sociaux n’ayant pas de vocation professionnelle. En revanche, ils se sont opposés au caractère trop extensif de la recommandation invitant les membres de la juridiction administrative présents sur les réseaux sociaux sous un pseudonyme à ne tenir que des propos qu’ils pourraient assumer publiquement sous leur identité réelle, dès lors que cette recommandation neutralise complètement l’utilité de recourir à un pseudonyme qui, en l’absence de risque de réidentification, doit permettre au magistrat de s’exprimer plus librement sur des sujets de société, voire des sujets politiques, et d’exprimer ses engagements associatifs.

Ils ont souligné qu’on ne peut demander au magistrat d’être complètement en dehors de la Cité pour des raisons liées uniquement à sa profession, la seule limite étant de ne pas donner directement son avis sur des affaires que l’on traite ou de faire état des liens particuliers que l’on entretient avec l’institution judiciaire. Comme l’ont exprimé des intervenants à l’ENM sur la même question : « Si l'on veut donner du sens à la liberté d'expression reconnue aux magistrats, celle-ci ne peut s'exercer […] de manière effective que sous pseudonyme. La théorie de l'impartialité objective est en effet comprise aujourd'hui de manière tellement large qu'avoir sous son nom des conversations avec des avocats ou afficher un investissement associatif correspond à autant de motifs potentiels de récusation ou de mise en cause. Alors que faire? Tweeter sur le temps qu'il fait, en ne dévoilant rien de soi? Autant dire que les magistrats n'auraient finalement pas de liberté d'expression réelle sur les réseaux sociaux... ».

Ils ont également relevé qu’à titre d’information, l’ENM a mis en place une formation continue à destination magistrats sur l’utilisation des réseaux sociaux par ces derniers. Nos collègues judiciaires s’orientent ainsi plus vers un accompagnement pédagogique que vers un principe d’abstention généralisé d’utilisation de ces réseaux sociaux.

Ils ont également noté avec regret que l’option retenue s’agissant de l’expression des membres de la juridiction administrative sur des sujets de société, qui appelle ceux-ci à s’exprimer « avec la plus grande vigilance » sur ces sujets, était la plus restrictive des deux rédactions proposées par le groupe de travail et portait atteinte de manière trop importante à la liberté d’expression des magistrats. S’il est en effet souhaitable qu’un membre de la juridiction administrative s’abstienne de prendre position sur des sujets tels que le burkini ou les crèches dans les lieux publics, rien ne saurait pourtant s’opposer à ce qu’il exprime son opinion, en qualité de simple citoyen et sans faire état de sa qualité de juge administratif, au sujet de questions telles que le réchauffement climatique, le décès de jeunes enfants tentant de fuir leur pays en guerre ou encore la famine dans le monde. Rien ne saurait faire obstacle à ce qu’il exprime sa solidarité avec les victimes d’attentats en France ou à travers le monde ou partage par exemple le slogan « Je suis Charlie ».

S’agissant des sujets d’actualité politique, dès lors que rien ne s’oppose à ce que le magistrat adhère à un parti politique, et toujours sous réserve qu’il ne fasse pas état de sa qualité de magistrat, vos représentants SJA ont indiqué que rien ne s’oppose à ce qu’il partage le contenu ou « like » des propos tenus par des hommes politiques dont il partage les convictions. Sa liberté devra être d’autant plus grande s’il s’agit de sujets de politique internationale. Bien évidemment, lorsque des propos à caractère politique ou relatifs à des sujets de société touchent des affaires dont les magistrats ont, fût-ce indirectement, eu à connaître et lorsque l’identité de celui qui s’exprime peut être aisément recoupée, la plus grande prudence doit être de mise.

Vos représentants SJA ont indiqué qu’ils ne souscrivaient pas à la recommandation tendant, en ce qui concerne la jurisprudence administrative, qu’il s’agisse ou non de celle de la juridiction à laquelle on appartient, a n’émettre à son égard « que des commentaires mesurés d’ordre explicatif », cette recommandation étant trop restrictive. Il ne s’agit pas d’interdire d'écrire sur Twitter ce que l'on pourrait écrire dans l’AJDA. Apparaît ainsi une règle particulière, alors que la Charte de déontologie ne semble pourtant pas interdire de porter une « appréciation du bien-fondé du jugement » (voir avis 2012/1) et se limite à un appel à la « modération dans les propos » (point 45 de la Charte). Le magistrat, s’il n’a pas eu à connaître d’une affaire, doit conserver le droit d’exprimer une position de fond, y compris critique, sur la jurisprudence. Cela ne desservira pas le Conseil d’Etat que sa jurisprudence fasse l’objet d’un débat de fond d’ordre strictement doctrinal, et ce, dans la perspective de l’amélioration de l’image de notre ordre juridictionnel et de son accessibilité auprès de nos interlocuteurs.

Enfin, s’agissant des pratiques de curation, vont représentants SJA ont souligné les bonnes pratiques contenues dans le projet de charte paraissent trop restrictives. Si le magistrat devait s’abstenir de partager des articles de presse ou des prises de position philosophiques, voire religieuses, alors qu’il agit en simple individu et sous pseudonyme, sa liberté d’expression et d’opinion seraient vidées de leur sens.

Ils ont enfin souligné que, de leur point de vue, les limites à la liberté d’expression ne sont pas les mêmes selon que le magistrat exerce une fonction publique au sein de la juridiction administrative (chef de juridiction, conseiller d’Etat) ou qu’il est « simple » magistrat.

Les représentants de l’USMA se sont également opposés au projet de modification de la charte en l’état.

Le vice-président du Conseil d’Etat a vivement souligné les dangers résultant de l’utilisation des réseaux sociaux numériques par les membres de la juridiction administrative, qui peut conduire, ainsi qu’il a été le cas récemment, à la remise en cause de l’impartialité et de la probité de ces membres. Il a relevé que si les magistrats disposent d’une entière liberté d’expression ou d’opinion, dans les limites inhérentes à leur profession, il faut tenir compte de ces dangers et de la spécificité des réseaux sociaux numériques, dont le format, notamment, modifie l’expression, les propos exprimés dans un article d’une revue juridique ne pouvant l’être dans un message en 140 caractères. Il a indiqué que le projet de modification de la charte visait à protéger l’institution et ses membres des risques inhérents à l’existence des réseaux sociaux au regard des exigences de transparence et d’impartialité exprimées par le public et que, dans cet objectif, le projet de modification de la charte lui paraissait équilibré dès lors que les propositions faites ne peuvent être analysées comme l’interdiction pour les magistrats de s’exprimer sur un réseau social et qu’il s’agit simplement d’appeler l’attention sur la dangerosité de ces médias et leur caractère potentiellement destructeur pour les personnes qui exercent ce métier.

Les représentants des deux organisations syndicales ont voté contre l’adoption de ce projet de modification de la charte de déontologie, en l’état.

Le CSTACAA a émis un avis favorable à l’adoption de ce projet, qui sera amendé en divers endroits pour tenir compte des observations faites en séance.

Examen pour proposition de demandes de renouvellement de détachement ou d’intégration

Examen pour avis de la proposition de nomination aux fonctions de président de la CAA de Marseille

Le CSTACAA était jusqu’à présent simplement informé des nominations des chefs de cours. A la suite de la modification des dispositions de l’article L. 232-1 CJA, entrée en vigueur le 4 juillet 2017, il est désormais prévu qu’il émette un avis sur les propositions de nomination des présidents de cour administrative d’appel. C’est la première fois que ces nouvelles dispositions sont mises en œuvre.

Vos représentants SJA ainsi que les représentants de l’USMA se sont abstenus sur la proposition de nomination soumise au CSTACAA s’agissant du président de la cour administrative de Marseille. A cet égard, ils ont fait valoir la difficulté à donner un avis éclairé sur cette proposition de nomination en l’absence d’information sur les autres candidatures déposées pour ce poste. Ils ont toutefois souligné qu’ils ne remettaient pas en cause les qualités de la candidate proposée.

Le vice-président du Conseil d’Etat a souligné que les dispositions du code de justice administrative, qui prévoient que le CSTACAA émet un avis sur la proposition de nomination aux fonctions de président d’une cour administrative d’appel, ne s’oppose pas à ce que les autres candidatures ne soient pas soumises au CSTACAA. Il a également relevé les difficultés que pouvait poser la communication du nom et du dossier de l’ensemble des candidats.

Information sur différents points relatifs à la formation : nouveau calendrier du plan de formation, réforme de la formation initiale, cycle de préparation aux fonctions de chef de juridiction

Le calendrier d’élaboration du plan de formation est modifié : auparavant examiné par le CSTACAA en décembre, il le sera désormais au mois de février, postérieurement aux arbitrages budgétaires rendus pour la juridiction administrative, qui conduisaient précédemment à procéder à des modifications de ce plan. Il sera mis en œuvre sur une période annuel courant à compter de mars. Son élaboration s’appuiera sur la détermination et la hiérarchisation des besoins de formation, recensés par les chefs de juridiction, assistés des correspondants formation, à partir des entretiens annuels de formation, qui ont lieu dans le prolongement des entretiens professionnels. Le plan de formation sera donc présenté au CSTACAA du mois de février 2018.

La formation initiale des magistrats fait également l’objet de modifications, qui tiennent compte des retours et propositions faits par les chefs de juridiction, les organisations professionnelles de magistrats et les différentes promotions de magistrats en formation initiale, ainsi que sur l’expérience positive de la formation mise en place, de mai à novembre 2017, pour les magistrats recrutés en mars dernier par la voie du détachement pour pourvoir les postes d’outre-mer, auxquels ont été rattachés les militaires recrutés en application de l’article L. 4139-2 du code de la défense, au titre de 2018, dont l’entrée dans le corps a été anticipée.

Les principales évolutions concernent les points suivants :

-          L’allongement à 4 ou 6 semaines de la durée du stage en juridiction selon la voie de recrutement des magistrats, demandé de longue date par les intéressés. L’objectif est d’enrichir l’apport du stage et de permettre aux magistrats en formation initiale de faire, au sein même d’une juridiction, l’apprentissage concret de l’instruction et du traitement des dossiers contentieux, de procédures spécifiques comme les 72 heures en matière d’éloignement ou les référés et du travail juridictionnel collaboratif. Il s’agit également de permettre au magistrat, lors de son retour au CFJA, de mieux bénéficier, grâce à cette expérience en juridiction, de la formation théorique qui y est dispensée.

-          La modification de l’architecture de la formation, avec une concentration des modules sur les apprentissages fondamentaux et transversaux, afin de favoriser les temps de travail collectifs et individuels, l’adaptation aux profils et l’accentuation des fondamentaux.

-          Le stage en administration sera effectué dans la continuité du stage en juridiction et sa durée est portée à 2 ou 4 semaines selon le recrutement de l’intéressé. Il sera effectué dans le ressort du TA où le stage en juridiction a été effectué, en privilégiant les services opérationnels plutôt que contentieux.

Information sur le bilan du premier cycle de préparation aux fonctions de chef de juridiction et sur la mise en place d’un nouveau cycle

Les objectifs de ce cycle de préparation aux fonctions de chef de juridiction sont les suivants : permettre aux magistrats qui ont atteint le grade de président de manifester très tôt leur appétence pour les fonctions de chef de juridiction, les y préparer, apprécier, dans le temps, la solidité de leur motivation et créer un esprit de promotion et un réseau d’entraide entre chefs de juridiction. Il a vocation à former les futurs chefs de juridiction, premiers vice-présidents des tribunaux administratifs de plus de huit chambres et vice-présidents du TA de Paris.

Lors du premier cycle, 13 candidatures sur 46 ont été retenues. 5 des 13 membres du cycle ont été nommés chef de juridiction ou premier vice-président d’un tribunal administratif. Le retour d’expérience des participants s’est révélé très positif.

Compte tenu des perspectives de postes à pourvoir en 2017-2018, le nombre de membres du prochain cycle sera fixé à 10.

Le calendrier envisagé est le suivant :

- Sélection des candidatures : janvier-février 2018.

- Stage en juridiction : mars-avril (3 jours)

- 3 premiers modules de management d’avril à juin (6 jours).

- Dernier module couplé avec l’intervention de la présidente de la MIJA en septembre (2 jours).

- Bilan managérial individualisé en octobre-novembre (1/2 journée).

- Participation à une conférence de gestion sur la même période (1/2 journée).

Information sur l’enquête de satisfaction sur le service rendu aux juridictions administratives par le secrétariat général

Un questionnaire anonyme a été adressé aux chefs de juridiction et greffiers en chef de l’ensemble des juridictions, dans le cadre d’une enquête de satisfaction sur le service rendu par les services du secrétariat général du Conseil d’Etat, dans leurs fonctions de gestionnaires des juridictions, dans la continuité de l’enquête sur le climat social. Les personnes interrogées l’ont été sur neuf thèmes, pour lesquels ils ont apprécié le service rendu par chacun des services du secrétariat général

Information sur les suites du rapport relatif à la modification de la rédaction des décisions

Le comité d’évaluation de l’expérimentation de la nouvelle rédaction des décisions de la juridiction administrative, présidé par le président Christian Vigouroux, a rendu son rapport, qui a fait l’objet d’une consultation générale du 24 octobre au 10 novembre 2017.

Une circulaire conjointe du président de la section du contentieux et de la présidente de la MIJA sera diffusée prochainement au sujet de la nouvelle rédaction des décisions de la juridiction administrative.

Autres questions

Vos représentants SJA ont attiré l’attention du gestionnaire, sur les dispositions relatives aux ordonnances sur les requêtes d’appel manifestement mal fondées En effet, après quelques mois d’application, il semblerait ressortir à la lecture des certaines de ces ordonnances, que compte tenu de la longueur et de la complexité de la motivation pour écarter ces moyens, ils ne seraient pas aussi manifestement mal fondés que cela.

Le Président du Conseil supérieur a ouvert la réunion du 7 novembre 2017 en précisant que trois textes ont été inscrits en urgence à l’ordre du jour (du point III bis au III quater), transmis aux membres du CSTACAA, pour le dernier vendredi à 20h. Le Président, tout en se félicitant que nous soyons consulté, a déploré ces saisines tardives.

Le CSTACAA a examiné les points suivants :

Approbation du procès-verbal de la séance du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel en date du 10 octobre 2017

Le procès-verbal de la séance du CSTACAA du 10 octobre dernier est approuvé.

Examen pour avis d’un projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 29 décembre 2009 pris en application du décret n° 2007-1762 du 14 décembre 2007 relatif au régime de l’indemnité de fonction des membres du corps des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel

Le projet de modification de l’arrêté a pour but de permettre l’attribution de l’indemnité de fonction des présidents de TA de moins de 5 chambres au Président de la Commission du contentieux du stationnement payant (CCSP).

Seul le Président de la commission est concerné par cette modification. Les magistrats composant la CCSP sont soumis au régime de droit commun en ce qui les concerne.

Le Conseil supérieur a émis un avis favorable à cette modification.

Examen pour avis d’un projet d’arrêté relatif à la fonction de référent déontologue au sein du ministère de la transition écologique et solidaire et du ministère de la cohésion des territoires

La loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits des fonctionnaires a créé la fonction de référent déontologue, qui peut être consulté par les agents publics.

Elle a été complétée par deux décrets : décret n° 2017-519 du 10 avril 2017 relatif au référent déontologue dans la fonction publique et décret n° 2017-564 du 19 avril 2017 relatif aux procédures de recueil des signalements émis par les lanceurs d’alerte au sein des personnes morales de droit public ou de droit privé ou des administrations de l’Etat.

Les ministères de la transition écologique et solidaire et de la cohésion des territoires envisagent de se doter d’un référent déontologue. Ils prévoient que cette fonction soit exercée par un collège (prévu par le 2° de l’article 2 du décret du 10 avril 2017).

Ce collège unique sera compétent pour l’ensemble des agents des ministères, y compris ceux exerçant en services déconcentrés et dans les établissements publics.

Ce collège exercera également la fonction de référent « alerte éthique » (lanceur d’alerte), en application du décret n° 2017-564 du 19 avril 2017 et celle de référent « laïcité », en application de la circulaire du 15 mars 2017 relative au respect du principe de laïcité dans la fonction publique.

Il est par ailleurs prévu, afin de limiter la charge qui incomberait au collège, que la fonction de référent déontologue puisse être exercée individuellement par chacun de ses membres.

Le texte prévoit que ce collège sera présidé par un membre du Conseil d’Etat, en activité ou honoraire, ou un magistrat administratif ayant le grade de président, proposé par le Vice-président du Conseil d’Etat. Il sera nommé pour une période de trois ans renouvelable une fois.

Il sera également composé d’une personnalité qualifiée, assurant la vice-présidence du collègue, du directeur des affaires juridiques des deux ministères, de son adjoint, du directeur des ressources humaines de ces deux ministères et de l’un des chefs de service, ainsi que de deux membres du Conseil général de l’environnement et du développement durable.

Le Conseil a rendu un avis favorable, sous réserve d’une modification de l’article 6 du projet dans la mesure où il exclut la nomination de magistrats honoraires.

Le Conseil a également formulé une réserve s’agissant de la transmission aux ministères concernés des déclarations d’intérêts des magistrats membres de ce collège. En effet, les dispositions du décret n° 2016-1967 du 28 décembre 2016 relatif à l’obligation de transmission d’une déclaration d’intérêts prévoient le principe d’équivalence des déclarations d’intérêts entre les fonctions publiques afin d’éviter la multiplication de ces dernières. Toutefois ce principe doit nécessairement être combiné avec les dispositions législatives applicables aux magistrats administratifs qui prévoient une liste exhaustive des destinataires des déclarations d’intérêts de ces derniers. La transmission directe des déclarations d’intérêts des magistrats membres du collège de déontologie par le Conseil d’Etat, gestionnaire, aux ministères en cause serait donc contraire à la loi. Il conviendrait que les magistrats concernés transmettent eux-mêmes leurs déclarations d’intérêts après leur nomination.

Les modalités de rétribution des membres du collège ne sont pas encore connues, les ministères ne connaissant pas la charge de la charge de travail à venir.

Plus largement, une réflexion interministérielle est en cours sur la rémunération des déontologues.

Vos représentants SJA se sont associés à ce qui a été dit sur l’honorariat et ont fait part de leur préoccupation relative à la multiplication des commissions dans lesquelles des magistrats sont appelés à siéger.

Examen pour avis d’un projet de loi relatif à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques 2024

Les articles 4 et 5 du projet de loi justifient la saisine du CSTACAA.

Le premier organise le dessaisissement des tribunaux administratifs s’agissant des recours individuels en matière sportive des décisions prises à l’encontre des personnes physiques et morales pendant la durée des Jeux olympiques et paralympiques au profit du tribunal arbitral du sport situé à Lausanne.

Le Conseil a estimé qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur la constitutionnalité de cet abandon de souveraineté.

L’article 5 autorise, quant à lui, par dérogation à l’article 2060 du code civil, la conclusion de clauses compromissoires en vue du règlement des litiges liés à l’exécution des conventions conclues entre les personnes publiques et le Comité international olympique et le Comité international paralympique, afin de pouvoir confier au tribunal arbitral du sport la compétence en matière de litiges relatifs au contrat de ville hôte, comme le stipule celui-ci.

Le Conseil a estimé que cette modification est conforme à l’intérêt national que revêt l’organisation des jeux et est justifiée par le fait que l’article L. 311-6 du CJA (cas de recours à l’arbitrage) ne couvre pas le cas d’espèce, le CIO n’étant pas un organisme à but lucratif.

Le CSTACAA a émis un avis favorable à ces dispositions.

Examen pour avis d’un projet d’article modifiant la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés

Il s’agit de l’adaptation au droit de l’UE : mise en conformité avec les nouvelles exigences du droit communautaire du respect de la vie privée.

Le projet de loi tire les conséquences de l’arrêt de la CJUE C-362/14 du 6 octobre 2015, Schrems, en introduisant une nouvelle voie de recours au profit de la CNIL.

Le nouvel article 43 quinquies de la loi n° 78-17 prévoit ainsi que, dans le cas où, saisie d’une réclamation dirigée contre un responsable de traitement ou un sous-traitant, la CNIL estime fondés les griefs avancés relatifs à la protection des droits et libertés d’une personne à l’égard du traitement de ses données, elle peut demander au juge administratif ou au juge judiciaire d'ordonner, dans l’attente de l’appréciation part la CJUE de la validité d’une décision d’adéquation de la Commission européenne prise sur le fondement de l’article 45 du règlement (UE) 2016/679, la suspension ou la cessation du transfert de données en cause, le cas échéant sous astreinte.

Cet article institue donc la possibilité pour la CNIL de saisir directement le juge, ce qui jusqu’ici, n’était possible que dans des cas d’urgence.

Il est proposé de donner compétence au Conseil d’Etat pour connaître de ce recours, par dérogation à la compétence de droit commun des TA, ce type de contentieux n’entrant pas dans le champ de l’article R. 311-1 4° CJA.

Le recours devant le CE est pertinent pour sa rapidité et en ce qu’il permet une unification du contentieux de la CNIL.

La CNIL peut demander la suspension ou la cessation des transferts de donnés en cours.

Tout en relevant la complexité du dispositif, le CSTACAA a émis un avis favorable à ces dispositions.

Examen pour avis d’un projet de loi pour un Etat au service d'une société de confiance

Le CSTACAA a été saisi pour avis sur les articles 13 et 39 du projet de loi visant à restaurer un lien de confiance entre l’Etat et les administrés.

L’article 13, tout d’abord, prévoit que, lorsque l’administration est soumise à un risque de condamnation pécuniaire, elle doit examiner l’opportunité de recourir à une transaction et que, si un projet de transaction a été approuvé par un comité ou homologué par un juge, la responsabilité personnelle du signataire de la transaction ne pourra être mise en cause à raison du principe du recours à la transaction et des montants mis à la charge de l’administration.

Il s’agit donc d’un recours régulier au juge administratif pour homologuer des transactions.

Le Conseil s’est interrogé sur la nécessité de cette disposition, d’ailleurs dépourvue de sanction. Le recours à la transaction pour l’administration est en effet déjà prévu par les textes et a été régulièrement relancé, notamment par la circulaire du ministre des Finances du 7 septembre 2009. Il a relevé que la saisine ne comporte aucune indication sur les pratiques existantes et que l’étude d’impact se borne à indiquer que les réticences de l’administration n’ont pas été levées, sans donner de chiffre.

Il a relevé que le mécanisme mis en place est complexe et va à l’encontre de l’objectif recherché, l’incitation à la saisine du juge de l’homologation créant une charge supplémentaire pour les juridictions alors que le but est la rapidité.

Pour ces motifs le Conseil a rendu un avis défavorable sur ce projet de texte.

L’article 39, ensuite, vise à créer, à titre expérimental, une procédure de rescrit juridictionnel.

Le dispositif peut ainsi être résumé : le bénéficiaire ou l’auteur d’une décision peuvent saisir la CAA compétente d’une demande tendant à juger la régularité de la procédure suivie pour l’octroi d’une décision.

Ce recours doit être exercé dans les deux mois de la publication ou de la notification et n’exclut pas la possibilité d’exercer un référé-suspension.

La CAA se prononce en 6 mois, délai qui n’est pas prescrit à peine de dessaisissement.

La décision pourra vraisemblablement faire l’objet d’un pourvoi en cassation ensuite.

Si la Cour purge le vice de procédure, plus aucun moyen de ce type ne peut être soulevé, ni par voie d’action ni par voie d’exception.

Eu égard à la complexité du système, une phase d’expérimentation serait prévue auprès des CAA de Nancy et Versailles.

Le Conseil a observé que cette nouvelle procédure remettrait inutilement en cause les principes relatifs à l’office du juge et celui du double degré de juridiction, et introduirait un morcellement non maitrisable du travail juridictionnel.

Il s’est aussi interrogé sur les droits des tiers, le projet de texte se bornant à indiquer qu’un décret en Conseil d’Etat fixerait les modalités d’information de ces derniers.

Le Conseil a émis un avis défavorable.

Examen pour décision du tableau d'avancement au grade de premier conseiller au titre de l’année 2018

L’examen de ce tableau est l’occasion de revenir sur la réforme du CSTACAA : en effet il n’y a plus désormais d’envoi au gouvernement pour décision mais une publication directement au Journal officiel après décision du CSTACAA.

La Secrétaire Générale du Conseil d’Etat a rappelé que le tableau n’est soumis à aucun contingentement budgétaire ni réglementaire.

L’intégration au tableau se fait au mérite après examen des avis des chefs de juridiction.

A mérite égal, le critère de départage est l’ancienneté dans le corps.

45 conseillers seront promus grade de premier conseiller en 2018

La proposition de tableau d’avancement a été adoptée.Examen pour proposition des demandes de détachement pour la commission du contentieux du stationnement payant

Aucun magistrat n’ayant été candidat pour être muté à la CCSP, un appel à candidatures spécifique a été effectué pour pourvoir les postes par la voie du détachement.

11 candidatures ont été enregistrées.

Sur les 8 candidats présélectionnés, 5 candidats ont été retenus.

La procédure de présélection a été conduite par une formation restreinte du CSTACAA.

Examen pour avis d’une demande de réexamen d’une évaluation

Conformément aux nouvelles dispositions prévues par le CJA (art. L. 234-7 et R. 234-10), le CSTACAA a été saisi par un collègue contestant son évaluation.

Selon ces dispositions, le CSTA émet un avis motivé, qui est transmis au magistrat concerné et au chef de juridiction. Il figure au dossier.

Questions diverses

-          Protocole sur les parcours professionnel, carrières et rémunérations (PPCR)

Le PPCR prévoit notamment un rééquilibrage progressif entre traitements indiciaires et indemnitaires des fonctionnaires (mesure dite « transfert primes-points »).

La deuxième étape de la revalorisation de la grille indiciaire des magistrats, initialement prévue au 1er janvier 2018, a été reportée par le gouvernement au 1er janvier 2019.

PAR CES MOTIFS DU CSTACAA du 17 mai 2017

 

Lors du conseil supérieur du 17 mai 2017, les points suivants ont été examinés :

I) Information sur le régime indemnitaire des magistrats : bilan 2016

L’indemnité de fonction créée par le décret n°2007-172 du 14 décembre 2007 reste applicable aux magistrats administratifs qui sont exclus du champ d’application du RIFSEP créé par le décret du 20 mai 2014 qui remplace toutes les primes, dont la PFR créée par un décret de décembre 2008. Par contre le RIFSEP est applicable aux agents de greffe qui dépendent du ministère de l’Intérieur.

L’indemnité de fonction des magistrats se décompose en une part fonctionnelle, fixe et mensuelle qui tient compte du niveau de responsabilité, de l’expérience, de l’ancienneté et des fonctions exercées, et une part individuelle qui est servie une fois par an en novembre, qui tient compte uniquement de la manière de servir appréciée par le chef de juridiction. Cette part individuelle est toutefois soumise à une limitation afin d’éviter tout effet de favoritisme ou d’ostracisme : limite individuelle, le taux pouvant varier entre 0 et 3 par rapport au montant de référence fixé par grade, et limite collective, puisqu’il convient de ne pas dépasser l’enveloppe budgétaire annuelle allouée à chaque juridiction qui est abondée jusqu’à présent de 5% de la somme de référence. Cette part individuelle représente ¼ de la part fonctionnelle tous grades confondus.

1230 magistrats ont eu une part individuelle pour un montant total de 8 ,650 millions d’euros.

Mme la secrétaire générale du Conseil d’Etat a ensuite abordé le versement de l’indemnité complémentaire d’un montant de 3 700 euros aux conseillers, qui avait été réclamée par vos représentants SJA, par comparaison avec les indemnités versées en chambre régionales des comptes pour les magistrats financiers du premier grade. Ce complément indemnitaire versé en 2014, 2015 et 2016, devrait être prorogé en 2017, sous réserve de disponibilités budgétaires.

Quant à la part individuelle, Mme la secrétaire générale du Conseil d’Etat a indiqué que le coefficient de référence devait être communiqué par le chef de juridiction lors des entretiens individuels d’évaluation.

L’analyse ne tient pas compte des chefs de juridiction, des magistrats en formation et des magistrats entrés et sortis du corps en 2016.

La fourchette de répartition des 961 magistrats s’étend de 0,23 à 1,40, dont 947 entre 0,8 et 1,2. La répartition plus en détail révèle que 40 magistrats en 2016 ont un coefficient inférieur à 1 (32 en 2015 ; 39 en 2014) ; 69 ont un coefficient égal à 1 (68 en 2014) et 852 magistrats ont un coefficient supérieur à un, soit 88,6 % des magistrats, dont 810 dans la fourchette de 1,01 et 1,15, chiffre supérieur à celui de 2013 puisque 87 % des magistrats étaient dans cette fourchette.

                                            

Il convient de noter deux évolutions en sens contraire, une baisse du nombre de magistrats se trouvant entre 1,01 et 1,10 et une augmentation du nombre de collègues dont le coefficient est supérieur à 1. Ces chiffres révèlent une plus grande sélectivité des magistrats par les chefs de juridictions qui se sont approprié le système de modulation puisque en 2016, il n’y a plus que sept juridictions qui ne pratiquent pas la modulation. La modulation étant plus pratiquée dans les cours que dans les tribunaux et cette modulation étant plus importante chez les premiers conseillers. La volonté sous tendant ce système de répartition étant de maintenir une certaine équité entre les magistrats puisque les primes particulières tels les intérims, les astreintes ou sujétions particulières ne sont pas prévus dans le cadre des primes individuelles.

Vos représentants SJA ont rappelé leurs réserves de principe sur la modulation de la part individuelle, compte tenu de notre particularité fonctionnelle.

Ils ont aussi noté l’obligation rappelée par la secrétaire générale de l’information du coefficient de chaque magistrat lors de son entretien d’évaluation car nombre de chefs de juridictions prétextent de ne pas avoir les modalités de calcul ou la connaissance de l’enveloppe attribuée à la juridiction pour éviter d’en parler lors de ce rendez-vous annuel. Les critères de répartition de la prime fonctionnelle ne sont pas non plus communiqués aux magistrats.

Le Vice président du Conseil d’Etat a notamment insisté sur les restrictions budgétaires qui obligeaient lors d’un engagement à vocation financière, comme l’augmentation du point d’indice, points-primes, à l’autofinancer à budget contraint. Il a aussi mis en avant le fait qu’il fallait tenir compte des contributions respectives de chaque magistrat au bon fonctionnement de la justice administrative dans le respect du principe d’équité.

Il a enfin indiqué qu’il fallait faire converger l’entretien d’évaluation et le porté à connaissance de la part individuelle.

II) Examen pour avis du mouvement de mutation des présidents classés au 6ème échelon de leur grade (mouvement complémentaire)

La nomination de Mme Brigitte Phémolant à la tête de la Cour administrative d’appel de Nantes, à compter du 1er juin prochain en remplacement de M. Gilles Bachelier conduit naturellement à son remplacement. Il y avait un seul candidat en mutation, M. Gilles Hermitte, dont la nomination du tribunal de Cergy-Pontoise ne déclenchera pas de mouvement complémentaire P6, ce tribunal revenant à une configuration à 4 chambres, et ne nécessitera qu’un mouvement complémentaire de P5. La présidence d’Orléans sera examinée lors du CSTA du mois de juin prochain.

Le CSTACAA a donné un avis favorable à cette nomination.

Compte tenu de cette nomination les points IV et V de l’ordre du jour n’ont donc plus d’objet.

VI) Situations individuelles

VII) Informations diverses

La Secrétaire générale a ensuite rappelé que le CSTACAA siégerait en sa nouvelle composition le 4 juillet prochain et en a profité pour faire le point sur les élections, puisqu’au 9 mai dernier, date butoir pour la présentation des candidatures, le secrétariat général avait enregistré les candidatures pour l’ensemble des postes des deux organisations syndicales, le SJA et L’USMA.

Le CSTACAA qui a siégé le 12 septembre 2017 a examiné les points suivants :

Approbation du procès-verbal de la séance du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et cours administratives d'appel en date du 4 juillet 2017

Le procès-verbal du CSTACAA du 4 juillet 2017 est approuvé.

Examen pour avis d’un projet de décret portant expérimentation d’une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique et de litiges sociaux, et des projets d’arrêtés pris en application des articles 1er et 2 de ce projet de décret

Le projet de décret soumis au CSTACAA, portant expérimentation d’une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique et des litiges sociaux, est pris en application des dispositions du IV de l’article 5 de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIème siècle, qui prévoient que, à titre expérimental et pour une durée de quatre ans maximum à compter de la promulgation de la loi, les recours contentieux formés en matière de fonction publique ou de prestations sociales peuvent être soumis à une médiation préalable obligatoire.

Le CSTACAA était également saisi de deux projets d’arrêtés fixant le périmètre de l’expérimentation d’une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges sociaux d’une part et de litiges de la fonction publique d’autre part.

L’article 1er du projet de décret, prévoit qu’en matière de fonction publique, seront soumis, à titre expérimental, à une médiation préalable obligatoire, les litiges concernant certains éléments de rémunération, les refus de détachement ou de placement en disponibilité, les réintégrations, les décisions relatives au classement de l’agent à l’issue d’un avancement, la formation professionnelle et l’adaptation des postes de travail.

L’article 2 du projet de décret prévoit qu’en matière de contentieux sociaux, seront soumis, à titre expérimental, à une médiation préalable obligatoire, les litiges concernant le RSA, les aides de fin d’année, l’APL, la prime d’activité, l’allocation de solidarité spécifique et les décisions de radiation de la liste des demandeurs d’emploi.

Le projet de décret prévoit que la médiation préalable doit être exercée dans le délai de recours contentieux de deux mois auprès du médiateur désigné par arrêté. L’autorité administrative doit informer les intéressés de cette obligation et leur indiquer les coordonnées du médiateur compétent. A défaut, le délai de recours contentieux ne court pas à l’encontre de la décision litigieuse.

La saisine du médiateur interrompt le délai de recours contentieux et suspend les délais de prescription, qui recommencent à courir à compter de la date à laquelle soit l’une des parties ou els deux, soit le médiateur déclarent que la médiation est terminée.

Lorsqu’un tribunal administratif est saisi d’une requête qui n’a pas été précédée de la médiation préalable obligatoire, le président de la formation de jugement rejette cette requête par ordonnance et transmet le dossier au médiateur compétent.

La procédure de médiation préalable obligatoire à titre expérimental doit être appliquée aux décisions prises à compter du 1er janvier 2018 et aux recours contentieux présentés jusqu’au 18 novembre 2020.

Le vice-président du Conseil d’Etat a rappelé que l’objectif de ces dispositions est de favoriser un traitement plus rapide et moins onéreux du litige, dans l’intérêt des bénéficiaires de l’aide sociale comme des fonctionnaires, dans un contexte budgétaire contraint ne permettant pas de faire face à la demande de règlement des litiges par une augmentation des moyens.

Il a également indiqué qu’eu égard au délai de quatre ans fixé par la loi pour procéder à l’expérimentation et aux circonstances que ce délai est déjà en partie écoulé et que l’avis du Conseil commun de la fonction publique doit être recueilli avant qu’elle soit mise en œuvre, il est possible que soit envisagée de solliciter du législateur une prolongation de la durée accordée pour procéder à l’expérimentation afin que celle-ci se déroule sur une durée suffisante.

Le secrétaire général adjoint de Conseil d’Etat a précisé que le dispositif prévu pour la fonction publique territoriale est fondé sur le volontariat.

Il a également indiqué que l’expérimentation se déroulera dans les conditions prévues par le droit commun en matière de médiation dans les litiges administratifs : les parties peuvent être assistées d’un conseil et les frais de médiation sont éligibles à l’aide juridictionnelle, y compris les frais relatifs à l’assistance d’un avocat.

Le CSTACAA a émis un avis favorable à ce projet de décret.

 Examen pour avis d’un projet d’ordonnance relatif à la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail

Le projet d’ordonnance prise pour l’application de l’article 3 de la loi d’habilitation à prendre par ordonnances les mesures pour le renforcement du dialogue social prévoit, en son article 11, un dispositif relatif aux plans de départs volontaires, qui représentent aujourd’hui 13 % des plans de sauvegarde de l’emploi. Actuellement, les plans de départs volontaires ne sont pas régis par des dispositions spécifiques du code du travail mais par une combinaison des dispositions du code du travail relatives aux plans de sauvegarde de l’emploi et de dispositions du code civil. Le projet d’ordonnance prévoit ainsi de renforcer la sécurité juridique des plans de départs volontaires et de clarifier le régime qui leur est applicable afin d’encourager leur mise en œuvre.

Dans le nouveau régime, un accord collectif peut prévoir un plan de départ volontaire conduisant à une rupture du contrat d’un commun accord entre l’employeur et le salarié. L’article précise les garanties apportées au salarié dans le cadre de l’accord portant plan de départ volontaire et les conditions de validation de l’accord par la DIRECCTE, qui dispose d’un délai de 15 jours pour statuer sur la demande de validation. A défaut de décision expresse dans ce délai, la demande de validation est réputée acceptée.

La décision prise par l’autorité administrative pourra être contestée selon les mêmes règles que les plans de sauvegarde de l’emploi, notamment un délai de jugement de 3 mois à peine de dessaisissement.

Ces dispositions doivent entrer en vigueur le lendemain de la publication de l’ordonnance.

La secrétaire générale des TA et CAA a indiqué que l’objectif étant d’encourager le recours aux plans de départs volontaires, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi devrait être corrélativement réduit, de sorte que l’impact de ces dispositions en termes de nombre d’affaires enregistrées devant les juridictions administratives devrait être quantitativement neutre.

Par ailleurs, l’article 23 de l’ordonnance tire les conséquences de la fusion des instances représentatives prévue par le projet d’ordonnance relatif à la nouvelle organisation du dialogue social et économique dans l’entreprise et favorisant l’exercice et la valorisation des responsabilités syndicales.

Il prévoit ainsi de nouvelles modalités de recours à l’expertise par l’instance unique de représentation du personnel dans le cadre des plans de sauvegarde de l’emploi.

En effet, actuellement, en cas de plan de sauvegarde de l’emploi, d’une part, le comité d’entreprise peut recourir à une expertise comptable, et d’autre part, le CHSCT peut recourir à une expertise portant sur les effets potentiels du licenciement sur les conditions de travail. L’expertise comptable peut faire l’objet d’un recours devant le juge judiciaire dans le cadre d’un référé devant le TGI ; quant à l’expertise sur les conditions de travail, elle peut faire l’objet d’un recours devant le juge administratif. Un recours administratif préalable obligatoire est prévu devant la DIRECCTE et le litige n’est pas distinct de celui portant sur les conditions d’homologation ou de validation du plan de sauvegarde de l’emploi.

Le projet d’ordonnance vise à tirer les conséquences de la fusion du comité d’entreprise et du CHSCT en une instance dénommée « comité social et économique », en unifiant le régime contentieux applicable aux expertises, qui relèveraient donc toutes du juge administratif.

La secrétaire générale des TA et CAA a indiqué que l’impact serait plus important que pour les plans de départs volontaires, les recours contre les plans de sauvegarde de l’emploi et les expertises, contestés à l’occasion d’un même litige, représentant des dossiers lourds à traiter dans des délais contraints (3 mois, à peine de dessaisissement). Les juridictions administratives auront à connaître d’une nouvelle décision et, potentiellement, à traiter des recours contre des plans de sauvegarde de l’emploi qui n’auraient pas fait l’objet d’un recours sans ces dispositions.

Vos représentants SJA ont indiqué que s’il est logique que la procédure, aussi bien en ce qui concerne les plans de départ volontaires que les expertises comptables, s’inscrive dans le dispositif existant pour les plans de sauvegarde de l’emploi, la multiplication des contentieux à délais contraints a un impact considérable sur la charge de travail et l’organisation des juridiction. Les magistrats savent apprécier l’urgence que revêtent certains contentieux, sans qu’il soit nécessaire de fixer des délais particuliers. Par ailleurs, le transfert de compétence du juge judiciaire au juge administratif s’agissant de la contestation des expertises comptables crée une pression supplémentaire sur la juridiction administrative. Ils ont donc émis un avis favorable à ce projet d’ordonnance avec les réserves ainsi énoncées.

Le vice-président du Conseil d’Etat a indiqué que la multiplication des délais de jugement contraints crée un morcellement de la procédure juridictionnelle ainsi qu’un effet d’éviction des contentieux ne faisant pas l’objet de délais de jugement particuliers, de sorte que le processus s’auto-entretient et que la pression s’accroît pour attribuer des délais de jugement contraints à de nouveaux contentieux afin qu’ils ne subissent pas d’effet d’éviction. Il est hautement probable que les délais de jugements contraints ainsi que les dispositifs extraordinaires dérogeant à la dualité de juridiction, comme en matière d’urbanisme, se multiplient à l’avenir, ce qui n’est pas souhaitable. Il convient de faire confiance au juge pour gérer raisonnablement les priorités et l’urgence de certains contentieux sans que des délais contraints ou des voies de recours spécifiques ne soient fixées.

Le CSTACAA a émis un avis favorable sur ce projet d’ordonnance.

Examen pour avis d’un projet de décret relatif aux gens du voyage et pris pour l’application des articles 150, 194 et 195 de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté

L’article 15 du projet de décret soumis au CSTACAA tire les conséquences de la loi du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté, qui avait modifié le délai de jugement applicable au contentieux du stationnement des résidences mobiles des gens du voyage en le portant de 72 heures à 48 heures.

Ce contentieux est régi par les dispositions des articles L. 779-1 et R. 779-1 et suivants du code de justice administrative. Le projet de décret modifie donc les dispositions de l’article R. 779-3 du code de justice administrative afin de mettre ces dispositions en conformité avec celles de la loi du 27 janvier 2017 en fixant un délai de jugement de 48 heures et non pas 72 heures.

Vos représentants SJA ont indiqué que l’efficacité de la justice n’est pas la précipitation, et que multiplier et réduire les délais de jugement contraints engendre des difficultés d’organisation et ne permet pas au juge de poursuivre jusqu’au bout ce que serait son office véritable, eu égard aux conditions dans lesquelles se déroule, en pratique, le jugement de ces contentieux, notamment au regard des exigences du contradictoire. Toutefois, le délai de jugement étant prévu par des dispositions législatives, ils n’ont pu qu’émettre un avis favorable à ce projet de décret.

Le CSTACAA a émis un avis favorable à ce projet de décret.

Examen pour adoption du règlement intérieur du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et cours administratives d’appel

Depuis sa création par la loi du 6 janvier 1986, le CSTACAA n’a jamais disposé d’un règlement intérieur. Toutefois, au regard des compétences supplémentaires et du nouveau statut acquis par le CSTACAA à compter du 4 juillet 2017, la nécessité est apparue de le doter d’un règlement intérieur.

Une réunion préparatoire a eu lieu le 4 septembre en présence du gestionnaire et des représentants élus des magistrats afin d’élaborer ce règlement intérieur.

Le projet de règlement intérieur est très classique et largement inspiré du fonctionnement de conseils homologues. Sa structure est inspirée des dispositions du code de justice administrative régissant le CSTACAA, le texte de ces dispositions étant cité dans le corps du règlement intérieur.

Sur plusieurs points, le projet entérine la pratique actuelle relative au calendrier des séances, aux demandes de convocation du CSTACAA ou d’inscription d’une question à l’ordre du jour, aux modalités de convocation et à la transmission des documents préparatoires et des projets de textes soumis à l’examen. Il prévoit ainsi que la transmission des documents doit se faire à mesure de leur préparation et non à une date unique, que leur mise à disposition sur une plateforme d’échange électronique de documents doit être doublée autant que possible d’un envoi par courrier électronique, qu’il est possible de suspendre temporairement la séance et que le compte-rendu de séances (désormais dénommé ainsi et non « relevé de conclusions » comme auparavant) doit être communiqué aux membres du corps.

Le projet précise également la portée de certaines dispositions et la combinaison de certains textes, et précise les conditions de confidentialité des éléments soumis aux membres du CSTACAA ainsi que la procédure de déports en cas de conflit d’intérêts.

Il régit également les formations restreintes du CSTACAA, dans lesquelles peut siéger le chef de juridiction élu par ces pairs.

A noter, le règlement intérieur fixe les délais de transmission des documents préparatoires (7 jours francs avant la séance) et des propositions relatives aux situations individuelles (6 jours francs avant la séance), l’objectif étant de transmettre ces documents le plus en amont possible au fil de leur élaboration avant la séance. Des exceptions à ces délais sont toutefois prévues en cas d’impossibilité de les respecter.

Par ailleurs, le règlement intérieur prévoit la possibilité de créer des groupes de travail sur des questions d’ordre général relevant de la compétence du CSTACAA, qui pourront s’adjoindre tout expert extérieur compétent pour les éclairer ou les aider dans leur réflexion.

Le CSTACAA a adopté le règlement intérieur, qui entrera en vigueur lors de la prochaine séance du conseil.

Vos représentants SJA se sont félicités de l’adoption de ce règlement intérieur, qu’ils appelaient depuis longtemps de leurs vœux, le CSTACAA étant l’un des derniers organismes de ce type à ne pas disposer d’un tel règlement. Il s’agit en effet d’une véritable avancée, demandée de longue date par le SJA, garantissant l’exercice de leur mandat par vos représentants élus dans des conditions satisfaisantes.

Ils se sont particulièrement félicités de la fixation de délais de transmission des documents préparatoires et des propositions relatives aux situations individuelles ainsi que de la possibilité de créer des groupes de travail, ces éléments étant proposés de longue date par le SJA. Les groupes de travail permettent en effet d’aborder le CSTACAA à l’issue d’un travail préalable sur des questions d’ordre général parfois complexes et amélioreront l’efficacité et la qualité du travail du CSTACAA.

Ils se sont enfin réjouis de la procédure de concertation mise en œuvre pour l’élaboration de ce règlement intérieur.

Information sur le bilan statistique des juridictions administratives au 30 juin 2017

La secrétaire générale du Conseil d’Etat a présenté le bilan statistique des juridictions pour le premier semestre 2017. Ce bilan révèle une évolution encourageante de la situation des tribunaux administratifs, la situation des cours étant en retrait par rapport au premier semestre 2016.

En ce qui concerne les tribunaux administratifs, ils ont enregistré au premier semestre près de 100 000 affaires nouvelles en données nettes (+ 1,6 % par rapport au 1er semestre 2016) et à peine plus de 100 000 affaires en données brutes, ce chiffre restant stable. La hausse des entrées nettes connaît toutefois un ralentissement cette année par rapport aux 10 dernières années. Le contentieux des séries a diminué de moitié depuis l’année dernière, ce qui confirme une tendance observée depuis plusieurs années.

La hausse des entrées nettes résulte notamment de la hausse du contentieux des étrangers (+ 10 %, avec notamment une hausse des OQTF 6 semaines et des transferts 15 jours), du contentieux de l’urbanisme (+ 10 %) ainsi que des contentieux sociaux (+ 0,5 %).

Les contentieux en matière fiscale, de police et de marchés et contrats connaissent une baisse significative (respectivement – 10 % pour le contentieux fiscal et le contentieux de la police et – 7,7 % pour le contentieux des marchés et contrats).

La part des différents contentieux dans le total des entrées n’est guère modifiée.

Le nombre des affaires réglées est de 104 000 dossiers nets et 106 000 dossiers bruts. Ces deux données connaissent une augmentation par rapport au 1er semestre 2016. Le seuil de 100 000 affaires traitées est dépassé depuis plusieurs années.

Le nombre des sorties augmente notamment en contentieux fiscal et contentieux des étrangers, notamment du fait de l’augmentation des affaires traitées par un magistrat statuant seul (34 % du total).

La part des ordonnances augmente à peine (+ 2 %, 25 % du total des affaires jugées).

La part des affaires traitées en formation collégiale baisse légèrement (-2 %, 41 % des sorties).

Le nombre de référés suspension est stable, mais les référés libertés et mesures utiles progressent sensiblement. Les référés représentent au total 7 % des affaires jugées.

Le taux de couverture est plutôt bon au niveau national (105 % en données nettes, 106 % en données brutes, contre respectivement 103 et 104 % en 2016).

Le stock des affaires en instance augmente modérément en données nettes et diminue légèrement en données brutes. La part du stock de plus de 2 ans a diminué de 2 % au cours du 1er semestre.

En ce qui concerne les cours administratives d’appel, le nombre des entrées a augmenté de près de 4,7 % en données nettes comme en données brutes et excède le seuil de 16 000 affaires, franchi pour la première fois en 2015.

Les entrées sont en hausse notamment en ce qui concerne le contentieux des étrangers, celui de la fonction publique et celui des marchés et contrats. A l’inverse, les entrées baissent en matière fiscale, en urbanisme et en contentieux du travail.

Quant au nombre d’affaires jugées, il progresse entre le 1er semestre 2016 et le 1er semestre 2017, après avoir diminué entre 2015 et 2016. Le nombre total excède le seuil de 16 000 affaires.

Le taux de couverture est de 97,6 % en données nettes et 97,5 % en données brutes.

Une augmentation mécanique du nombre d’affaires en stock est donc constatée (+ 4 à 5 %).

Les affaires de plus de 2 ans représentent 3,3 % du stock total.

Ainsi, le bilan est contrasté, avec une consolidation et un renforcement de la situation des TA et une situation moins favorable pour les CAA.

Vos représentants SJA ont remarqué que la pression sur les juridictions était toujours aussi forte, eu égard à l’augmentation du nombre des entrées, sans toutefois que des marges de progression se dégagent pour les sorties du fait du contexte budgétaire contraint et de la limite atteinte par les moyens procéduraux permettant d’accélérer le traitement des litiges, notamment le recours au juge unique.

Ils ont également précisé que les OQTF 6 semaines nécessitent une organisation particulière dans les tribunaux administratifs et constituent une charge supplémentaire pour les magistrats en termes de permanence.

Ils ont par ailleurs indiqué que l’hétérogénéité du nombre d’entrées et de sorties doit être examinée au regard des effets de structure, notamment entre le contentieux des étrangers et les autres contentieux, ces effets différant grandement selon les TA. Les seuls chiffres des entrées et sorties ne permettent pas de porter une appréciation complète sur la situation d’un TA. Un autre effet de structure se manifeste, du fait du jugement de dossiers rapides avec un délai contraint qui rendent difficile pour les magistrats de consacrer leurs efforts au contentieux de collégiale classique, qui constitue le cœur de leur métier, et notamment aux dossiers de plus de 2 ans, eu égard à l’effet d’éviction par les dossiers urgents, notamment en contentieux des étrangers. Cette circonstance pose la question de l’arbitrage entre le respect des délais contraints, en particulier en contentieux des étrangers, et la nécessité de porter les efforts sur les dossiers relevant d’une formation collégiale.

La secrétaire générale du Conseil d’Etat a par ailleurs évoqué les deux enquêtes menées sur le bien-être au travail et la dématérialisation, qui ont fait l’objet de taux de réponse très importants (respectivement 70 % et 65 %).

Les résultats de l’enquête sur le travail dématérialisé ont été présentés au CHSCT et diffusés à l’ensemble des magistrats.

Quant à l’enquête sur le bien-être au travail, les résultats devraient être présentés au prochain CSTACAA.

Questions diverses :

a. information sur le calendrier prévisionnel des séances du Conseil supérieur (1er semestre 2018) et des circulaires d’avancement ou de mouvement au titre de l’année 2018

CSTA 2ème semestre 2017 :

-          mardi 12 septembre 2017

-          mardi 10 octobre

-          mardi 7 novembre

-          mardi 12 décembre.

CSTA 1er semestre 2018 :

-          mardi 16 janvier 2018

-          mardi 20 février 2018

-          mercredi 21 mars 2018

-          mercredi 18 avril 2018

-          mercredi 16 mai 2018

-          mardi 12 juin 2018

-          mardi 3 juillet 2018.

Le calendrier prévisionnel des circulaires d’avancement et de mouvement pour 2017-2018, qui n’a qu’un caractère indicatif, est en annexe du présent document.

 

b. information sur l’état d’avancement du projet de loi asile

Ce projet devrait être inscrit à l’ordre du jour du conseil des ministres pour la fin du mois d’octobre.


Calendrier prévisionnel des circulaires d’avancement et de mouvement 2017/2018

CSTA du 7 novembre 2017

v     Tableau d’avancement au grade de premier conseiller

Circulaire : envoi le 13 septembre 2017 / retour le 6 octobre 2017

CSTA du 12 décembre 2017

v     Présidence de la CAA de Marseille

Circulaire : envoi le 7 novembre 2017 / retour le 17 novembre 2017

CSTA du 16 janvier 2018

v     Mutation des présidents P6/P7, liste d’aptitude P6/P7 et affectation des inscrits sur cette liste

Circulaire : envoi le 20 novembre2017 / retour le 15 décembre 2017

CSTA du 20 février 2018

v     Mutation des présidents P5

Circulaire : envoi le 16 janvier 2018 / retour le 22 janvier 2018

v     Liste d’aptitude P5

Circulaire : envoi le 18 décembre 2017 / retour le 15 janvier 2018

CSTA du 21 mars 2018

v     Affectation des présidents inscrits sur la liste d’aptitude P5

Circulaire : envoi le 21 février 2018 / retour le 26 février 2018

v     Mutation des présidents P1-P4

Circulaire : envoi le 26 janvier 2018 / retour le 10 février 2018

v     Tableau d’avancement au grade de président

Circulaire : envoi le 26 janvier 2018 / retour le 10 février 2018

CSTA du 18 avril 2018

v     Tour extérieur maître des requêtes

Circulaire : envoi le 1er février 2018 / retour le 17 février 2018

v     Mutation des conseillers / premiers conseillers

Circulaire : envoi le 13 février 2018 / retour le 13 mars 2018

Lors du conseil supérieur du 19 avril 2017, les points suivants ont été examinés :

I) Projet de décret relatif à la prise en charge et à l’indemnisation des victimes du valproate de sodium et de ses dérivés

Le législateur, sur le modèle du dispositif créé spécifiquement pour le benfluorex (Mediator), a créé un régime d’indemnisation amiable pour les dommages consécutifs à la prise de médicaments contenant du valproate de sodium (Dépakine).

La loi du 26 décembre 2016 a instauré deux instances appelées à intervenir successivement : un collège d’experts et un comité d’indemnisation. Le collège instruit la demande et statue sur l’imputabilité des dommages, le comité est ensuite chargé de donner un avis sur « sur les circonstances, les causes, la nature et l'étendue des dommages » et sur les responsables de ceux-ci. Suite à un amendement parlementaire, l’article L. 1142-24-14 du code de la santé publique prévoit que le comité d’indemnisation sera présidé par un magistrat judiciaire ou un membre de la juridiction administrative. Le décret pris en application de cette loi, et soumis à l’avis du CSTACAA, prévoit tout d’abord que ce président peut être assisté de trois présidents suppléants, magistrats judiciaires ou membres de la juridiction administrative. Il prévoit également que le président et les trois présidents suppléants du collège d’expert sont magistrats administratifs ou judiciaires, membres du Conseil d’Etat ou médecins. Les magistrats administratifs désignés pourront en application de l’article L. 222-2 du code de justice administratif être honoraires.

Le gouvernement a donné des éléments quant à la charge de travail que devraient représenter ces deux commissions. Il est attendu 10 à 14 000 demandes d’indemnisation, ce qui représente environ le triple des saisines de l’ensemble des commissions de conciliation et d’indemnisation créées en application des articles L. 1142-5 et suivants du code de la santé publique. Chacune de ces commissions sera certainement appelée à se réunir quatre demi-journées par semaine.

Vos représentants SJA ont rappelé leurs réserves de principe à tout alourdissement de la charge de travail des magistrats dont le cœur de métier est l’exercice de fonctions juridictionnelles. Si les présidences de ces commissions n’incomberont pas exclusivement aux magistrats administratifs et si celles-ci ne peuvent être regardées comme étrangères à leurs fonctions, il convient de rappeler la multiplication de ces tâches, sans que ne soit conduite de réflexion d’ensemble. Il leur a également semblé que ces présidences auraient dues être confiées à des présidents permanents, notamment des magistrats administratifs nommés par détachement, qui auraient pu se consacrer intégralement à ces fonctions dont la charge de travail et le caractère sensible et technique sont particulièrement importants. Vos représentants SJA ont ainsi voté contre ce projet.

Le CSTACAA a donné un avis favorable au projet de décret.

II) Projet d’ordonnance relatif à l’adaptation des dispositions législatives relatives au fonctionnement des ordres des professions de santé

Le conseil supérieur a été saisi en séance d’un projet d’ordonnance relatif aux ordres professionnels de santé, qui visait à modifier les règles relatives à leur composition et fonctionnement, en application de la loi du 26 janvier 2016 qui habilitait notamment le gouvernement à prendre toute mesure législative afin d’assurer l’indépendance et l’impartialité des ces juridictions administratives spécialisées.

Le projet prévoit l’existence d’un barème d’indemnisation des présidences, fixé par arrêté, laquelle sera à la charge des ordres. Il prévoit également que le mandat exercé par un président sera de 6 ans renouvelables, et instaure une limite d’âge fixée à 71 ans révolus à la date de leur désignation, imitant en cela la règle existant pour les élections des représentants professionnels.

Le CSTACAA a donné un avis favorable à ce texte, en préférant toutefois que la limite d'âge ne soit pas appréciée à date de la désignation des présidents, mais qu'il soit plus simplement mis fin à leur mandat à l'âge de 77 ans, ce qui évite une limitation peu opportune de la capacité de désigner des magistrats honoraires. 

III) Avis pour affectations des présidents inscrits sur la liste d’aptitude pour l’accès au 5ème échelon de leur grade

La commission du stationnement payant, nouvelle juridiction administrative spécialisée, sera créée à compter du 1er janvier 2018 et siégera à Limoges. Les travaux de pré-configuration débuteront à compter du mois de juin. Elle sera présidée par un président titulaire du 5ème échelon, et il a semblé opportun de nommer dès à présent celui-ci afin de lui permettre de participer aux travaux préparatoires. Il est anticipé 100 000 requêtes par an, même si l’on peut craindre un nombre bien supérieur, et il est prévu d’affecter 120 agents de greffe. Le futur président devra mettre en place les outils, notamment informatiques, destinés à faire face à ce contentieux, marqué par des nombreuses dérogations aux règles de droit commun. En l’absence de demande de mutation sur ce poste, le gestionnaire a décidé de faire appel aux magistrats inscrits sur la liste d’aptitude P5, et 3 candidats se sont manifestés.

III) A vis pour nomination de deux magistrats administratifs dans le corps des membres du Conseil d'État au grade de maître des requêtes

L’appel à candidatures a été fait le 1er février 2017, avec deux mois d’avance par rapport aux années précédentes. Il a suscité 15 candidatures (7 en 2014, 11 en 2015 et 16 en 2016). Le secrétaire générale du Conseil d’Etat a rappelé les critères d’appréciation de celles-ci :

- avis du chef de juridiction sur les compétences et aptitudes du candidat ;

- une durée de services juridictionnels suffisant (au moins 6 ans, de préférence 8 à 12 ans) ;

- un âge permettant un déroulement de carrière satisfaisant après intégration (36 à 48 ans, de préférence entre 38 et 42 ans) ;

- la diversité du parcours professionnel (mobilité, juridictions, commissions, jurys) ;

- les qualités relationnelles et humaines et la contribution au rayonnement de la juridiction administratives (enseignements, publications) ;

- les candidats doivent être en fonction dans le corps.

5 candidats ont été auditionnés par le vice-président du Conseil d’Etat, le président de la section du contentieux et la secrétaire générale du Conseil d’Etat.

IV) Avis pour mutation des conseillers et premiers conseillers

88 demandes de mutation ont été présentées cette année (83 en 2014, 90 en 2015 et 110 en 2016), et 43 peuvent obtenir satisfaction, dont 35 sur le premier ou unique choix formulé, étant observé qu’un nombre important de demandes s’étaient concentrées sur les cours administratives d’appel de Paris et Versailles où aucun poste n’est vacant. Il faut y ajouter 33 réintégrations, qui font uniquement l’objet d’une information du conseil supérieur, dont 14 magistrats qui réintègrent de droit leur précédente juridiction.

La secrétaire générale du Conseil d’Etat a attiré l’attention du conseil supérieur sur certains cas individuels. En particulier, 8 demandes ont été présentées par des magistrats recrutés en 2016, qui font état de motifs familiaux justifiant qu’il soit dérogé à la règle de principe des 2 années d’affectation. Il n’a toutefois été possible de ne donner droit qu’à 6 de ses demandes, les deux autres étant rendues impossible par des demandes concurrentes et/ou par la situation de leur juridiction d’affectation actuelle.

Interrogée par vos représentants SJA sur le fait que des demandes de mutation en Guadeloupe soient écartées au profit d’un magistrat actuellement en formation au CFJA issu du tour extérieur, la Secrétaire générale du Conseil d’Etat a insisté sur la situation particulière des tribunaux administratifs de la Guadeloupe et de la Guyane. Alors que plusieurs postes y étaient vacants l’année dernière, il avait été décidé de ne pas contraindre les magistrats recrutés au titre de 2016 par les voies du concours et du tour extérieur à y être affectés, mais de mettre en place une procédure de détachement spécifique vers ces deux juridictions et de faire appel à deux magistrats délégués pour le TA de la Guadeloupe. Par ailleurs, et alors qu’un mouvement complémentaire a été ouvert en 2016 et qu’il a été demandé en septembre dernier de faire état des perspectives de mutation, aucun magistrat ne s’est déclaré intéressé pour ces deux juridictions. Cela a conduit le gestionnaire à anticiper la question auprès des magistrats recrutés au titre de l’année 2017, et une lauréate du tour extérieur a souhaité être affectée au TA de la Guadeloupe. Celle-ci présente les qualités requises et a pris les dispositions familiales nécessaires, il semble inopportun d’exiger qu’elle renonce à ce choix. C’est pourquoi il est proposé de ne pas donner droit aux demandes de mutation vers cette juridiction, où aucun poste ne devrait être vacant.

Vos représentants SJA ont attiré l’attention du conseil supérieur sur plusieurs demandes de mutation émanant de collègues qui font état d’éléments sérieux et qui n’ont pu être satisfaites.

Il leur semble également important de rappeler aux magistrats souhaitant être affectés dans une juridiction d’outre-mer de se manifester le plus tôt possible auprès de la DRH.